jeudi 20 août 2009

UBS et le fisc américain

A l'issue d'une intense négociation, UBS et l'IRS, le fisc américan, sont parvenus à un accord sur la fourniture par la banque d'une liste des contribuables qu'elle aurait aidé à faire de l'évasion fiscale. Rappelons que le secret bancaire est extrêmement sensible en Suisse, notamment depuis la seconde guerre mondiale et la cache d'avoir juifs des Nazis dans les établissements helvétiques. Suite à la négociation, UBS a réussi à passer le nombre de comptes de 50000 à environ 4500, ainsi qu'à éviter l'amende ? Quel intérêt pour le fisc américain ? Un commentateur sur BFM Radio indiquait ce matin que l'IRS pourrait récupérer à peu de frais une grosse somme d'argent (plusieurs millards de dollars) sur ces 4500 dossiers, qui représenteraient probablement les plus simples à traiter. Je pense que cette vue ne représente qu'une part de la stratégie. L'Etat américain a négocié avec la banque le secret sur le terme de l'accord pendant plusieurs mois. Parallèlement, il communique très fortement sur le fait qu'il est plus intéressant pour un fraudeur de se dénoncer maintenant plutôt que d'attendre d'être pris dans le cadre d'une enquête. Pour moi, le passage de 50000 à 4500 est dû au fait qu'il n'est pas besoin de faire une enquête exhaustive. En ne laissant pas savoir aux fraudeurs s'ils seront sur la liste ou pas, mais en laissant planer la menace sur leur tête, l'IRS compte sur le fait qu'une part significative d'entre eux se dénonceront. D'eux mêmes. Ou comment ne pas utiliser la force. Comme dit Sun Tzu dans "L'art de la guerre" : "Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat"

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