Un article du FT cite un rapport de l'agence internationale de l'énergie qui indique qu'une augmentation durable du prix du pétrole au delà de $70 le baril pourrait mettre en péril la reprise qui semble commencer à pointer le bout de son nez.
Une telle augmentation justement une modification des forces entre l'offre et la demande. Si la seconde croît, et que la première ne change pas, les prix gonflent. Et il semble que l'offre ne soit pas en mesure de suivre, car les investissements nécessaires n'ont pas été effectués durant les dernières années.
Pourquoi ? Je vois plusieurs possibilités:
- Les compagnies pétrolières manquaient de cash, du fait d'une profitabilité limitée. Du fait que le problème date d'avant la crise, et vu leur résultat même en ces temps de crise, on peut en douter.
- Il existait pour elle des investissements plus rentable, notamment dans les activités downstream, ou des acquisitions.
- Pour aller plus loin, la rentabilité des divers investissements en exploration est inférieure à la rentabilité exigée par les investisseurs, qui préfèrent alors se voir redistribuer les profits (cf rachat d'action, versement de dividendes, ...).
- Les pays producteurs ont limités l'exploration sur leur territoire, justement pour prolonger la rente.
D'un point de vue plus théorique, ceci s'explique par 2 éléments:
- Si les revenus supplémentaires générés sont inférieurs aux coûts supplémentaires totaux, alors l'investissement n'est pas intéressant. N'oublions pas que dans les coûts ici, on compte la baisse de la rentabilité des champs pétrolifères existants du fait de la baisse des cours.
- Par ailleurs, cette belle théorie des coûts/revenus marginaux ne prend pas en compte que les compagnies doivent gérer la volatilité des cours, et donc le risque associé aux investissements. Il est toujours facile de juger les actions passées à la lumière des évolutions des cours, mais plus difficile de les prévoir.
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