jeudi 20 août 2009

Menace et stratégie médiatique

Les salariés de la Serta menacent de verser des polluants dans la Seine. La mode est la surenchère médiatique. Après la menace de faire exploser l'usine, ou la séquestration de cadres dirigeants, les employés d'entreprises subissant des plans sociaux cherchent à faire un maximum de bruits autour de leurs actions, clairement pour obtenir une intervention des pouvoirs publics. On atteint des sommets avec la menace la Serta : verser des polluants dans la Seine n'a aucun rapport, direct ou indirect, avec le coeur de leur activité, et on ne trouvera aucune personne sensée pouvant soutenir une telle action. Mon optimisme me pousse à dire qu'aucun des employés n'a vraiment l'intention d'exécuter leur menace, même s'ils venaient à perdre leur combat. ll ne s'agit pour moi purement et simplement que d'une campagne médiatique. Placé sous cet angle, on peut comprendre leur action. Ils utilisent les moyens mis à disposition pour tenter de faire pression sur la négociation. Néanmoins, question de principe, on ne peut pas et ne doit pas céder au chantage. Lors d'une négotiation, il y a toujours des moyens légaux et des moyens illégaux. Les premiers sont acceptables, pas les seconds. Si je menace d'enlever les enfants de mon interlocuteur pour obtenir de meilleurs conditions dans la négociation, je suis dans le second cas. Et ce même si j'ai toutes les bonnes raisons du monde. Le principe dans cette république est la prévalence du droit. Et dans ce cadre, les menaces de ce type ne sont pas acceptables. Si ces problèmes doivent se régler devant la justice, très bien. Si les salariés doivent interpeller les élus pour leur demander de modifier la loi, c'est possible (sans les menacer, ...). Mais une négociation ne peut se mener dans de telles conditions. Un autre élément est la banalisation et la surenchère. De telles actions répétées, si on les laisse faire, vont finir par devenir "normale". Et qui dit normale dit exposition médiatique moindre. Si c'est le cas, il est évident que les prochaines fois il faudra aller plus loin pour se faire entendre. Cette course n'a pas de fin. En synthèse, on peut, je croix, comprendre l'action des salariés. Mais je ne peux ni l'accepter, ni la soutenir, ni l'encourager. Et si l'autorité publique devait déloger les salariés pour supprimer la menace, cela aussi je pourrais le comprendre.

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